Kinshasa en proie à l’érosion en ravine: inventaire et impact socio-économique
Auteur(s): Makanzu Imwangana Fils, Ozer Pierre, Moeyersons Jan, Vandecasteele Ine, Trefois Philippe, Ntombi Mwen Kabeya MédardNom de la revue/Journal: Colloque international sur le thème Géomatique et gestion des risques naturels en hommage au Prof. André OZER, UMP/Oujda au Maroc
Mois: mars
Volume: Volume des résumés
Année: 2012
pages: p.27
Résumé
<p style="text-align:justify;">Kinshasa, l’une des grandes villes de l’Afrique subsaharienne, a vu sa population passer de 404.173 habitants en 1957 à près de 8.000.000 habitants en 2007, soit une augmentation d’environ 20 fois en 50 ans seulement. La ville s’est entre-temps agrandie, s’étalant de 94 à 443 km2 au cours de la même période.</p><p style="text-align:justify;">A l’aide de la télédétection et du SIG, on a cartographié les ravins d’au moins 5 m de large sur un anaglyphe d’une couple stéréoscopique SPOT 2006/2007 dans la haute ville de Kinshasa. Cet inventaire livre 308 ravins faisant 95 km de long, qui occupent 2 km2, la profondeur moyenne et la largeur moyenne trouvée étant respectivement de 7 m et 21 m. La densité de ravinement est de 0,4 km/km2. Sur le plan socio-économique, on déplore la destruction d’environ 95 habitations par an, ce qui cause des pertes estimées à 1.500.000 dollars américains annuellement. A cela s’ajoutent des tronçons des routes coupées, la rupture des tuyaux de raccordement en eau potable, la destruction des écoles, centres de santé et lieux de culte et la chute des pylônes transportant les câbles électriques.</p><p style="text-align:justify;">Ce phénomène de ravinement se fera sentir dans les années 1970 lorsque la ville commence à monter sur les versants de collines sableuses situées au sud. On observe sur les photographies aériennes de 1957 des vieilles incisions dues au glissement de terrain et à l’érosion hydrique sur les amphithéâtres de sources. Naturellement, le ravin devrait s’installer sur les pentes concaves, mais actuellement, l’érosion en ravine se manifeste sous toutes formes de pente. Sur le modèle numérique de terrain, la surface drainée moyenne de 290 ravins est 0,06 ha, ce qui est contraire au contexte topographique lors que 18 ravins ont à eux seuls une surface drainée moyenne de 5,5 ha. Aussi, ces 18 ravins sont provoqués par les eaux drainées par une route ou par le débordement d’une route ou d’un caniveau. Sur 308 ravins, 139 ont été causés par les infrastructures routières et pistes piétonnes et 154 par le débordement de la voirie et drainage. Il n’y a que 15 ravins, représentant environ 5% du total, qui n’ont pas de relation étroite avec le système de voirie et drainage urbain ainsi que des pistes piétonnes. Ceci montre que l’actuelle activité érosive est provoquée par un apport en eau de ruissellement beaucoup plus important qu’il y a 50 ans. </p><p style="text-align:justify;">En imperméabilisant le sol et en concentrant de grandes quantités d’eau de ruissellement, l’urbanisation a modifié le drainage naturel du sol et augmenté l’aléa dans cette région où il existait déjà. Elle serait donc la cause principale de l’érosion en ravine qui déchire les versants sableux de Kinshasa. </p><p><strong>Mots clés</strong> : Télédétection, SIG, MNT, urbanisation, drainage naturel, érosion en ravine</p>