OIPR



ANALYSE HYDROMORPHOMÉTRIQUE ET ÉVALUATION DES RISQUES HYDROLOGIQUES DANS LE BASSIN VERSANT DE LA LUKEMI (KIKWIT, RDC)

Auteur(s): KISANGALA MUKE Modeste
Nom de la revue/Journal: Journal Africain des Sciences
Mois: septembre
Volume: 3
Numéro: 10
Année: 2026
pages: 116-127
DOI: 10.70237/jafrisci.2026.v3.i10.
Résumé

Cette étude analyse les paramètres hydromorphométriques du bassin versant de la rivière Lukemi (Kikwit, République
Démocratique du Congo) afin d’évaluer leur rôle dans le déclenchement et l’amplification des risques hydrologiques. Dans un
contexte d’urbanisation rapide, de dégradation du couvert végétal et de variabilité pluviométrique, la connaissance des
caractéristiques physiques du bassin est essentielle à la prévention des inondations et de l’érosion. La méthodologie repose sur
un Modèle Numérique de Terrain (MNT) ALOS PALSAR de 12,5 m de résolution, traité sous ArcGIS Pro afin d’extraire les
paramètres morphométriques et hydrographiques. D’une superficie de 42,2 km² et d’un périmètre de 33,9 km, le bassin présente
un indice de compacité de Gravelius de 1,47 (forme allongée), un relief modéré et une densité de drainage de 0,66 km/km², d’où
un temps de concentration d’environ 4 h 52’. Les cartes du SPI (0 à 556) et du TWI (0,53 à 17,26) révèlent une distribution
hétérogène de l’énergie érosive et des zones d’accumulation. La classification de l’occupation du sol et l’indice normalisé de
bâti (NDBI) issus d’une image Sentinel-2 de 2025 montrent une emprise urbaine continue sur le tiers aval du bassin, où les
valeurs positives du NDBI (jusqu’à 0,27) attestent une imperméabilisation effective des surfaces, alors que la végétation ne
subsiste qu’en corridors riverains étroits. Les pressions anthropiques modifient le fonctionnement hydrologique et accroissent la
vulnérabilité aux inondations et à l’érosion. L’étude conclut à la nécessité d’intégrer ces paramètres dans la planification urbaine
et la gestion des eaux pluviales.